mer.

30

juil.

2014

Frédéric Lordon : " il faut prendre les hommes tels qu'ils sont et non tels qu'on voudrait qu'ils fussent..."

lordon conférence viodéo spinoza

Dans cette conférence filmée de février 2014, Frédéric Lordon explique : "il ne faut pas se raconter d'histoire".

Certains comportements, certains désirs, modes de vies sont bel et bien là et il serait fou de nier le désir majoritaire. De le faire passer pour une simple "erreur".

Proposer une alternative au capitalisme à gauche, c'est être conscient qu'il faudra proposer un régime tout aussi "désirable" que celui ci, à ceux qui sont attachés à la vie confortable, "moelleuse", et que rebute le retour à une plus grande frugalité.

Il y traite également de l'Etat et de la violence.

Une intervention lumineuse, parce que réaliste. (30 minutes)

 

Source : http://j-ai-du-louper-un-episode.hautetfort.com/

Sur ce blog indispensable, vous trouverez de nombreuses interventions d'intellectuels. Courrez-y.

Écrire commentaire

Commentaires : 5
  • #1

    romarin (mercredi, 30 juillet 2014 23:23)

    eh oui, la Liberté prime sur tout !
    un message très important à destination de toute la gauche

  • #2

    Guadet (vendredi, 01 août 2014 09:47)

    Ce discours me gêne beaucoup. En appeler à "l'esprit révolutionnaire" contre le "conservatisme" ou les "forces réactionnaires" me semble dépassé et même nuisible.
    Si on regarde sans a priori l'histoire de la période contemporaine, on ne peut que se rendre compte que le libéralisme capitaliste n'aurait pas pu s'imposer sans les révolutions, ni la tyrannie technologique qui mène à l'horreur écologique, ni la destruction des cultures nationales qui livre l'humanité en esclave consentant à la mondialisation économique ; que ce sont de vrais conservateurs comme des royalistes ou des cléricaux qui ont le plus résisté à ces fléaux.
    Aujourd'hui, ce sont les néolibéraux qui continuent le travail révolutionnaire d'anéantissement des vieilles structures pour que l'individu se retrouve seul et entièrement soumis au marché. Ne voyez-vous pas que la culture underground née de la révolution culturelle est devenu leur art officiel ? Que c'est le medef qui appelle à la rupture et qui fustige le conservatisme des Français ?

  • #3

    Hann (mardi, 05 août 2014 16:59)

    Du Lordon sur son 31. Qui annonce à quelques initiés, que seule la permaculture et un poulailler dans le fin fond du trou des Causses ou des Cévennes valent vraiment la peine. Oui, la révolution ne sera pas un pique-nique, alors ne révolutionnons pas, mais pique-niquons.

  • #4

    Guadet (mercredi, 06 août 2014 16:41)

    Les vrais défenseurs de l'humanité contre l'horreur du libéralisme capitaliste :
    http://osp.frejus-toulon.fr/liberalisme-peche/

  • #5

    Guadet (mardi, 19 août 2014 18:53)

    Le vocabulaire révolutionnaire est devenu celui de l'idéologie néolibérale sans qu'il y ait eu usurpation. Les gardes rouges de mai 68 sont devenus naturellement les meilleurs agents de la propagande financière.

    Cela se remarque particulièrement dans le domaine de l'art : le langage subversif de l'époque s'est figé jusqu'à aujourd'hui en devenant l'art pompier officiel, privé de sa valeur puisque financé par la classe dirigeante et dûment homologué par l'État. Les artistes officiels qui provoquent encore quelques réactions négatives dans le public en arrivent sans honte à en appeler à la protection de la force publique et à l'appui des grands médias installés, avec des mines effarouchées et candides d'aquarellistes du dimanche.

    Ce qu'on appelle "création" n'est que la production d'objets devenus conventionnels mais destinés à prendre une valeur sur le marché mondial. Le meilleur éloge d'un "artiste" est aujourd'hui de montrer la croissance de sa cote dans les principales capitales de la finance. Voir dans ses œuvres la moindre transcendance, le moindre esprit, serait une insulte à la religion matérialiste. Ceux qui atteignent des sommets en dollar ont le bonheur de voir reproduite leur œuvre fétiche sur les grands places de toutes les principales villes de la mondialisation.

    Ils retrouveront partout le même cadre, puisque l'architecture n'échappe pas à l'uniformisation conventionnelle des arts plastiques. Le must de la création, c'est de détruire une œuvre ancienne unique qu'on ne trouve dans aucune autre ville pour édifier un building en verre comme on en voit partout : geste superbement révolutionnaire. C'est ce qui se passe à Paris avec des bâtiments de la Samaritaine rachetée par une multinationale du luxe. Ceux qui osent s'y opposer se voient taxer de fascisme et de conservatisme dans des articles typiques de la propagande néolibérale :

    http://www.sppef.fr/2014/07/31/beaux-arts-magazine-daout-2014-samaritaine-sppef-et-xenophobie/