mer.

10

sept.

2014

«Le cheval et le jockey» : la mondialisation du Professeur Bourrin

BFM Hedwige Chevrillon cheval jockey

« Voici quelqu'un qui n'a pas eu peur de la mondialisation » ! - explique la journaliste Hedwige Chevrillon aux téléspectateurs...

Et voilà donc une interview qui démarre sur les chapeaux de roues. Face à elle, Xavier Fontanet, ancien président d'Essilor, multinationale de l'optique, venu nous livrer sa plus fine analyse de la mondialisation.

Afin d'être compris des ânes demeurés dubitatifs devant la libre concurrence généralisée, Xavier Fontanet a eu une idée révolutionnaire : faire de la pédagogie !

En voilà une sacré nouveauté !

 

Tel un évangéliste, il a construit sa propre parabole économique, capable de faire comprendre à quiconque que l'Etat doit économiser non pas 10, non pas 20, ni même 100 milliards, mais bien 250 milliards d'euros ces dix prochaines années !!

Et ceci, pour notre bien à nous.

Intitulée parabole du « cheval et du jockey », cette petite histoire vous est offerte par un vendeur de lunettes. Preuve, une fois encore, qu'on ne peut pas être bon partout.

Mais revenons au commencement de l'interview.

D'abord, Monsieur Essilor est légitime, et tient à le faire comprendre. Lui qui a dirigé une multinationale de haute-précision et connu la mondialisation de l'intérieur - pas comme ces fainéants de chercheurs en économie dont les travaux sont forcément erronés du fait de n'avoir pas été tourneurs-fraiseurs ou communicants, hein ? (De Gaulle, que l'on sache n'avait pas de formation en marketing ) - a su trouver le fin mot de l'affaire : il faut baisser la dépense publique et imiter l'Allemagne.

 

 

Bon. C'est quand même ballot : Minc propose la même chose depuis vingt ans sans avoir quitté Paris !

Mais Xavier Fontanet prépare déjà sa botte secrète ; il a bossé son interview, et il sait qu'il doit à présent passer à l'offensive ! Hedwige le lance... enfin : la parabole.

 

 

Lumineux non ?

Mais, pas question de s'arrêter en si bon chemin... Déjà, une deuxième salve est partie, dans laquelle Monsieur Essilor peste contre les impôts, avec des chiffres disons « approximatifs »... et un argumentaire hippique toujours aussi chatoyant...

 

 

 

Bien, tout ça pour nous dire que les grands patrons et les expatriés ne sont pas assez audibles dans le débat économique... ? C'est un peu fort, tout de même.

Monsieur Essilor s'est-il déjà posé la question suivante : « Ce qui est bon pour moi, ou pour mon entreprise, l'est-il forcément pour les autres ? » La réponse étant évidemment non, je propose à Hedwige Chevrillon, si elle souhaite m'inviter, de lui conter une parabole personnelle, et que j'intitulerai par exemple « le Vicaire et la sauce tomate », ou encore « le chacal et les trois mangoustes », dans laquelle, moi aussi, je dirai n'importe quoi.

Ne boudons pas notre plaisir, terminons avec quelques mots bien senti de Xavier Fontanet, lui qui nous parle si bien de la France équestre, et du grand pays qu'il serait, s'il était l'Allemagne...

 

 

 

Du BFM Business, pur sang...

 

 

Antoine Lamnège

 

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Commentaires : 5
  • #1

    Guadet (mercredi, 10 septembre 2014 18:47)

    Depuis des décennies on nous explique par de savants calculs pourquoi notre fille est muette. Vaincus par tant de science mathématique on va dans le sens demandé : ça ne marche jamais, on n'est jamais allé assez loin.
    Le référendum écossais serait-il la première tentative de résistance démocratique contre la tyrannie des chiffres et le tina ?

    http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/09/10/des-ecossais-votant-non-a-l-independance%C2%A0-ce-serait-un-etran-5444447.html

    http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/09/10/la-propagande-anglaise-pour-le-non-vue-par-les-humoristes-ec-5444477.html

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20140908trib000847808/les-lecons-pour-l-europe-du-succes-du-oui-a-l-independance-ecossaise.html

  • #2

    rémi (mercredi, 10 septembre 2014 18:47)

    même la journaliste a l'air de se dire :" mais qu'est-ce qu'il raconte là ?!"
    hilarant !

  • #3

    supertrompe (mercredi, 10 septembre 2014 21:51)

    cette dame mérite un article à elle toute seule !!
    elle est dépressive ou quoi ?

  • #4

    Alain (dimanche, 14 septembre 2014 17:22)

    Les 21 Mia en 2015 de Michel Sapin ou ses 250 Mia sur 10 ans, la différence n'est pas énorme

  • #5

    Antoine Lamnège (dimanche, 14 septembre 2014 18:41)

    @Alain, vous avez raison, si toutefois cette politique tient 10 ans ce qui n'est pas certain, et socialement inenvisageable. Ensuite, Sapin ne réduit pas les dépenses, il mise sur la croissance et l'inflation pour faire baisser leur poids relatif / PIB. Il limite la croissance des dépenses. Ce monsieur, qui parle de cheval et de jockey, veut clairement couper tous ces milliards !