mer.

05

nov.

2014

Grèves en Allemagne : la presse française compréhensive...

Il y a quelques semaines, la SNCF puis Air France ont connu un mouvement social de grande ampleur. On se souvient alors du traitement médiatique réservé en France aux "profiteurs" d'un droit de grève dénoncé partout à la sauce "je suis pour, mais il y a des limites".

Manuel Valls y alla de son "il faut savoir terminer une grève"... et même France Inter, radio "de gauche", prit sans sourciller parti contre ces statuts d'"enfants gâtés", enchaînant - à l'instar d'une presse unanime - les micro-trottoirs d'usagers "pris en otage"... etc. Quant aux raisons profondes, structurelles, de ces mouvements... Rien.

Etrangement, aujourd'hui que la Lufthansa et la Deutsche Bahn en Allemagne connaissent à leur tour une contestation salariale et syndicale de grande ampleur, la presse française se garde bien de tels propos outranciers. Non. Le ton est mesuré, explicatif... Le rapport de force est clairement établi dans la majorité des articles ou reportages...

Alors, bien sûr, on est toujours plus sévère avec ses propres concitoyens ; et même le plus abjecte des éditorialistes peut comprendre qu'il serait malvenu d'insulter un gréviste étranger (sauf s'il est russe évidemment)...

Mais ce qui doit nous alerter, c'est qu'une fois la presse d'opinion mise en sourdine (une grève en Allemagne ne colle pas vraiment au miracle supposé dont celle ci est friande), demeurent les faits, et la nuance.

Observons ce grand écart médiatique à travers l'exemple d'I-Télé.

D'abord, un reportage sur la grève SNCF, en France. (La grève à la SNCF s'éternise)

 

 

Et le même reportage, version Deutsche Bahn (Le rail allemand entame sa plus grosse grève depuis 2008)

 

Impressionnant n'est-ce pas ?

 

Et ce décalage se constate aussi aisément dans la presse papier, prudente, et plus prompte à reprendre des dépêches AFP qu'à critiquer un modéle allemand encensé depuis des années...

 

D'un côté, une grève historique...

 

 

 

 

Chez nous, une grève scandaleuse...

 

 

 

 

Heureusement que certains en France veillent au grain et nous rappellent que la grève est de toute façon un scandale...

 

 

 

Sachant que la presse allemande n'est pas tendre non plus avec ses mouvements sociaux, peut-être tient on là une loi des plus cocaces relative au fonctionnement médiatique : afin de comprendre un mouvement social dans sa complexité et si l'on cherche autre chose que l'avis d'un usager excédé par son train en retard, il faut lire la presse du pays voisin.

 

 

Antoine Lamnège

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Commentaires : 2
  • #1

    twim (jeudi, 06 novembre 2014 15:11)

    Oui, la couverture des grèves en Allemagne n'a pas eu la même portée que celles de la SNCF, en même temps c'est logique. On s'intéresse d'abord à ce qui se passe chez soi.
    Ensuite, je suis d'accord, le ton n'est pas le même ; encore une preuve de l'aura allemande chez des journalistes qui ne pigent rien à l'économie

  • #2

    rémi (mardi, 11 novembre 2014 19:51)

    ABSOLUMENT ! et encore, les titres qui sont choisis ne sont pas les plus violents, on avait fainéants, privilèges... et j'en passe