dim.

23

nov.

2014

"Montpellier Unlimited" ou la maladie du Parti Socialiste (Michéa)

michéa les mystères de la gauche montpellier unlimited

Dans son dernier ouvage, les Mystères de la Gauche - passionant - Jean-Claude Michéa, nous livre cette anecdote croustillante, et révélatrice au plus haut point des reniements culturels d'une "gauche" en tous points libérale.  Elle s'intitule : "un système qui n'hésite plus à récuser toute idée de limite morale ou de frontière..."

 

Lorsque les responsables "socialistes" de l'agglomération de Montpellier décident - en octobre 2012 - de choisir le logo officiel le plus à même de symboliser leur philosophie constante du développement local (puisque la "communication" est désormais la clé de toute politique moderne) la première idée qui s'impose immédiatement à leur esprit novateur est anturellement celle de Montpellier Unlimited (on appréciera, au passage, le vibrant hommage ainsi rendu aux racines occitanes de la région).

 

Mais pourquoi s'étonner d'une telle conversion - devenue banale - au culte libéral du no limit ? Il devrait être évident, au contraire, qu'une ville de gauche digne de ce nom (c'est à dire un "pôle urbain" dynamique, moderne et "européen") ne peut plus avoir d'autre raison d'exister, à l'heure d'Internet, que celle d'attirer les "acteur économiques" du monde entier sur un "territoire d'innovation et d'excellence". De fait Coca Cola City aurait tout aussi bien fait l'affaire.

 

Jean Claude Michéa

 

page 66, Les Mystères de la gauche, Flammarion

6€ : pas cher, courez l'acheter...

Sinon, un résumé du bouquin a été fait sur ce blog,  les Carnets de Romain

 

Écrire commentaire

Commentaires : 2
  • #1

    Guadet (lundi, 24 novembre 2014 12:07)

    En notre époque d'individualisme forcené, "être de gauche" peut vouloir dire tout et son contraire. De même que "être libéral".
    L'intérêt de votre blog, et d'autres anti libéraux, est de permettre une réflexion là-dessus, à une époque où réfléchir est vu comme une perte de temps.

    Je pense cependant qu'on manque encore beaucoup de bases historiques.

    Les partisans de la table rase, du rejet de l'histoire et de la culture, de la nouveauté à tout prix - de la "rupture" ou du "changement" dans le parler d'aujourd'hui - sont rarement ceux qui permettent un vrai progrès. C'est ce dont je montre un exemple dans mon dernier livre, "Paris, architectures de la Belle Époque" que je vais essayer de vous faire parvenir. Une bonne connaissance historique est indispensable pour avancer. Mais alors :

    Quels sont les fondements du libéralisme et quels sont les fondements de la gauche ?

    Pour les deux, à l'origine, il y a les philosophes des Lumières. Après j'avoue que je m'y perds - où, quand et comment prend naissance l'opposition ? -, et mon ignorance n'est rien à côté de celle de la plupart des gens aujourd'hui. L'ignorance règne aujourd'hui : tout politique et tout commentateur prend un fait historique isolé de son contexte et en fait une preuve, un exemple et en fait une généralité. Et toujours avec des anachronismes terribles. Plutôt que de chercher à comprendre une culture qui est différente par son éloignement dans le temps, on préfère n'y voir que barbarie, on y plaque nos propres idées et on ne retient que ce qui semble les soutenir.

    Par exemple, on cherche les discriminations sur la race pour montrer l'ancienneté du racisme. On oublie que le mot "race" a changé de sens il n'y a que deux ou trois siècles. "Race" voulait dire "racine" et n'opposait d'habitude que les gens s'appuyant sur une tradition familiale et une culture avec les autres. La question savante du racisme ne s'est posée qu'à partir du moment où l'on a abandonné l'idée que tous les hommes sont des représentants du type unique créé par Dieu. Les Lumières, puis surtout Darwin, ont divisé l'humanité et y ont créé une hiérarchie où seuls les blancs européens occupaient la place d'honneur. Il fallait pour cela que "race" devienne un terme scientifique. L'horrible idée a fait son chemin jusqu'à son apogée à l'époque où le nazisme n'en était qu'une illustration.

    L'exemple est important pour montrer qu'on ne va pas toujours du moins bien vers le mieux et qu'il est faux de penser comme aujourd'hui que tout changement serait bon à prendre et que tout passé serait à dépasser.
    Où se situe-t-on aujourd'hui et vers quoi allons-nous, seul le passé peut nous le dire.

  • #2

    Guadet (lundi, 24 novembre 2014 12:17)

    Si ça intéresse quelqu'un :

    L’association Paris historique organise
    son prochain Café patrimoine
    le jeudi 11 décembre 2014 sur le thème

    L'importance de la tradition historique
    dans la naissance de la modernité à Paris en 1900*

    Présentation du livre
    Paris, architectures de la Belle Époque**,
    par son auteur Gilles PLUM,
    docteur en Histoire de l'Art,
    auteur de nombreux ouvrages sur l'architecture française entre 1850 et 1960


    Débat à 19h30, accueil à partir de 19h

    Participation : 5€ avec une consommation (2€ pour les étudiants)


    Rendez-vous à
    l’association pour la Sauvegarde et la Mise en valeur du Paris historique
    44-46, rue François Miron 75004 Paris (M°Saint-Paul ou Pont Marie)
    Tél. : 01 48 87 74 31
    www.paris-historique.org - contact@paris-historique.org



    * La Tour Eiffel et Guimard, c'est tout ce que le grand public retient de l'architecture parisienne de la Belle Époque. Ce n'est pourtant rien à côté de la richesse de ce qu'elle était vraiment. Les partisans de la table rase s'opposaient déjà à ceux qui se passionnaient pour le patrimoine de la capitale. Et, si l'on étudie sérieusement et impartialement les œuvres des uns et des autres, on ne peut que se demander si ce ne sont pas les seconds - parmi lesquels sont ceux qu'on appelle les "académiques" - qui ont su le mieux répondre aux défis de leur époque et préparer l'avenir.

    ** Editions Parigramme