mer.

10

déc.

2014

Michelle Obama : drame sur les Grands Boulevards

La loi Macron n'en finit pas de faire parler du Dimanche. L'un des principaux arguments des soutiens à ce beau projet est le suivant : les touristes étrangers n'ont pas le droit de faire leurs courses le Dimanche à Paris. En conséquence, ces pauvres bichettes restent donc cloitrées dans leur hôtel à attendre le lundi, vu qu'à Paris, y'a vraiment rien d'autre à foutre...


L'occasion pour nous de rappeler que ce genre de jérémiades pro-touristes n'est pas neuve : et que d'ailleurs, au jeu de l'argumentation la plus débile en faveur de l'ouverture des magasins le Dimanche pour les satisfaire, c'est de loin le Nicolas Sarkozy de 2009 qui rafle la mise.


 

Car bien sûr, les français n'ont qu'un seul souhait : offrir à Michelle Obama (et ses filles !), le plus merveilleux des "fashion sunday in Paris" ; imaginez donc ! Il n'y a pas de magasins aux Etats-Unis !

 

Le panache d'un tel argument eut été autre si Nicolas Sarkozy, plutôt que d'invoquer Michelle et ses filles, eut parlé de Kim-Jong-Un ! En vrai, chez lui, il n'y a pas de magasins du tout...

 

Pas sûr que le docile public derrière Sarkozy eût gobé la fable aussi facilement...

 

Antoine Lamnège

 

travail dominical loi macron
"Travailler le Dimanche ? Vous êtes fou ? C'est le jour où je fais mes courses !!"
brice couturier chronique france culture matins
Brice Couturier, marchand de misère sur France Culture...

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Commentaires : 4
  • #1

    twim (jeudi, 11 décembre 2014 12:43)

    Attention ! Il est de retour... et le boulot a été fait à sa place

  • #2

    christian (jeudi, 11 décembre 2014 18:26)

    En plus il se fait mousser : " est-il normal que je doive passer un coup de téléphone...?"
    Euh, non... justement

  • #3

    bforbroker @gmail.com (mercredi, 17 décembre 2014 14:56)

    Elles n'ont pas eu droit à leur fashion sunday in Paris alors!

  • #4

    Guadet (mercredi, 17 décembre 2014 23:47)

    Sarkozy a "fait ouvrir les magasins", a trouvé des gens assez serviles pour obéir, tout ça pour un caprice d'épouse de chef d'état !

    Je ne sais pas si cela aurait été possible à l'époque de la monarchie. Par exemple, il a fallu attendre la révolution pour pouvoir dégager le palais du Louvre parce que les rois ont toujours trouvé que le système de l'expropriation, très utilisé depuis, était un abus de pouvoir sur leurs sujets. Le principe de l'antiquité selon lequel chaque chef de famille était à la tête d'un petit royaume qui devait être respecté, même par l'empereur ou le roi, permettait une vraie liberté. Cela responsabilisait les gens et permettait que la sécurité publique ne repose pas uniquement sur la police d'état. Les corporations, les municipalités et autres institutions bénéficiaient de privilèges qui garantissaient encore la liberté des Français par rapport au pouvoir central.
    Sous prétexte d'égalité et de libéralisme, tout cela a été détruit et l'État a pris énormément de pouvoir au XIXe siècle :

    "ce sont les fondateurs du libéralisme qui vont penser sa légitimité [de l'État], Hobbes et Locke les premiers. Plus radicalement, le passage de la souveraineté monarchique à la souveraineté populaire va radicaliser cette évolution. L’individualisme possessif qui fonde le libéralisme utilise l’État, d’abord sous sa forme de « monarchie absolue », ensuite en tant que produit du système démocratique, pour détruire la société dans ses diverses composantes (famille élargie, clans, domaines, seigneuries, corporations, paroisses, municipalités, provinces, universités, ordres, cours de justice…). L’objectif est de créer un espace social simple à la place de l’espace complexe (cette distinction est de John Milbank) propre aux sociétés traditionnelles. Simple parce qu’à terme seuls doivent subsister l’individu et l’État reliés directement. D’ailleurs la société n’existe pas (Margaret Thatcher dixit), et la justice sociale n’est qu’un mirage (Hayek).

    "L’application du projet libéral de mise en concurrence et de marchandisation de toutes les activités humaines (y compris, l’éducation, la santé) nécessite un État fort : les exemples des Etats-Unis, du Chili de Pinochet (laboratoire des thèses de Milton Friedmann) et, plus récemment, de la Chine, sont fort éclairants. Après avoir réussi à vider les pays des libertés concrètes de leurs communautés constitutives, le libéral-étatisme accompagne au vingtième siècle le stade ultime de cette évolution, avec l’érosion des libertés nationales au profit du grand marché global."
    (http://osp.frejustoulon.fr/du-liberalisme-etatisme/)

    Le libéralisme politique permet d'isoler les individus et de les mettre dans les mains des puissances économiques, le pouvoir coercitif de l'État permettant de dissuader toute velléité d'indépendance vis-à-vis du système.