ven.

12

déc.

2014

Quand Bill Gates donne son avis sur le livre de Thomas Piketty

Bill Gates
Bill Gates

Nous vous proposons aujourd'hui la traduction d'un texte de Bill Gates qui analyse le dernier livre de Thomas Piketty : Le Capital au 21ème siècle. 

Cet article est intéressant sur plusieurs points. Tout d'abord, le fondateur Microsoft est en accord avec de nombreuses positions de Piketty.

Mais il émet également plusieurs réserves par rapport aux travaux de l'économiste notamment en minimisant certaines thèses de Piketty en particulier sur l'importance des inégalités, qui laisse à penser qu'il vit chez les bisounours. Bonne lecture.

Un ouvrage d’économie de 700 pages traduit du français ne correspond pas exactement à une légère lecture estivale même pour quelqu'un possédant, de l’aveu général, un haut quotient intellectuel. Mais lors du dernier mois de Juillet, je me suis senti obligé de lire Le Capital au 21ème siècle de  Thomas Piketty, après en avoir lu plusieurs critiques et en avoir entendu parler par des amis.


Je suis heureux de l’avoir lu et je vous encourage à le lire également, ou au moins un bon résumé, comme celui de The Economist. Piketty a eu la gentillesse de discuter de son travail avec moi lors d’une communication sur Skype le mois dernier. Comme je lui ai dit, je suis d'accord avec ses conclusions les plus importantes, et j’espère que son travail permettra d’attirer un nombre croissant de personnes intelligentes vers l'étude de la richesse et des inégalités de revenus car plus nous en comprendrons les causes et les remèdes et mieux ce sera. Je lui ai également fait part de certaines de mes réserves par rapport à son analyse. Je vous les dévoile ci-dessous.


Je suis parfaitement d'accord avec Piketty sur les points suivants :


  • Des niveaux élevés d'inégalité posent problème, en gâchant les incitations économiques, en favorisant la soumission des démocraties aux intérêts des plus puissants, et en dépouillant l’idéal selon lequel les êtres humains ont été créés égaux.
  • Le capitalisme n’a pas la capacité de corriger ses excès pour offrir une plus grande égalité, ce qui peut fait qu’un excès de la concentration de la richesse peut générer un effet boule de neige si rien n’est effectué pour le combattre.
  • Les gouvernements peuvent jouer un rôle constructif pour compenser cet effet boule de neige s’ils se décident à agir et au moment où ils se décident à agir.

Pour être clair, quand je dis que les niveaux élevés d'inégalité constituent un problème, je ne veux pas dire que le monde se détériore. En fait, grâce à la progression des classes moyennes dans des pays comme la Chine, le Mexique, la Colombie, le Brésil et la Thaïlande, le monde dans son ensemble est de plus en plus égalitaire et cette tendance globalement positive devrait se poursuivre.

Thomas Piketty
Thomas Piketty

Mais l'inégalité extrême ne doit pas être ignorée ou pire célébrée comme un signe caractéristique d’une économie très performante et d’une société saine. Oui, un certain niveau d'inégalité fait partie intégrante du capitalisme. Comme le fait valoir Piketty, il est inhérent au système. La question est : « quel est le niveau d'inégalité acceptable ? ». Et à partir de quel point le niveau d’inégalité commence-t-il à faire plus de mal que de bien ? Il s’agit d’un débat public que nous devrions avoir et il est très bien que les travaux très sérieux de Piketty aient amené la réflexion là où elle se trouve aujourd’hui.


Cependant, le livre de Piketty présente des défauts importants qui seront corrigés, je l’espère,  par lui ou par d'autres économistes dans les prochaines années.


Pour toutes ses données sur les tendances historiques, Piketty ne donne pas une image complète de la façon dont la richesse est créée et de la façon dont elle se désintègre. Le cœur de son livre est une équation simple: « r> g », où r représente le taux de rendement moyen du capital et g représente le taux de croissance de l'économie. L'idée est que lorsque le rendement du capital est supérieur au rendement du travail, l'écart de richesse se creuse au fil du temps entre les gens qui détiennent de nombreux capitaux et ceux qui ne peuvent compter que sur leur travail. L'équation est tellement centrale dans la démonstration de Piketty qu’il indique qu’elle constitue la « force fondamentale de la divergence » et qu’elle « résume la logique d'ensemble de (s)es conclusions. »


D’autres économistes ont également assemblé de larges données historiques et ont  jeté le doute sur la pertinence de la formule  « r> g » pour permettre de comprendre si les inégalités s’accroissaient ou si elles se réduisaient. Je ne suis pas un expert sur cette question. Ce que je sais est que la loi « r >  g » de Piketty n’effectue pas de distinction adéquate entre les différents types de capitaux et les différentes utilités sociales.


Imaginez trois personnes riches. La première investit son capital dans le développement de son activité principale. La deuxième donne la plus grande partie de sa fortune à des œuvres caritatives. La troisième consomme principalement en dépensant beaucoup d'argent sur des choses telles qu’un yacht ou un avion. Il est certain que la richesse de ces trois personnes contribue à la hausse des inégalités, mais  je dirais que les deux premières apportent plus de valeur à la société que la troisième. Je regrette que Piketty n’ait pas fait cette distinction car elle a des implications politiques importantes dont je parlerai plus loin.

Yacht de Bill Gates
Yacht de Bill Gates

Plus important, je crois que la loi « r > g » de Piketty ne tient pas compte des forces puissantes qui s’opposent à l'accumulation de la richesse d'une génération à l'autre. Je suis entièrement d'accord pour dire que nous ne voulons pas vivre dans une société aristocratique dans laquelle les familles déjà riches s’enrichissent tout simplement en restant assis sur leurs lauriers et en recueillant ce que Piketty appelle la rente et qui correspond aux rendements gagnés par des personnes qui prêtent  leur argent ou qui louent des terres ou d'autres biens. Mais je ne pense pas que les Etats-Unis soient proches d’une telle situation.


Il suffit de jeter un coup d’œil au classement Forbes des Américains les plus riches. Environ la moitié des personnes de ce classement sont des entrepreneurs dont les entreprises ont très bien réussi (grâce à un travail dur et à beaucoup de chance). Contrairement à l'hypothèse des rentiers de Piketty, je ne vois personne dans ce classement dont les ancêtres ont acheté une grande parcelle de terrain en 1780 et ont ensuite accumulé des richesses grâce à la perception des loyers perçus par leur famille depuis cette date. Aux Etats-Unis, ce vieil argent est parti depuis longtemps du fait de l'instabilité, de l'inflation, des impôts, de la philanthropie et des dépenses.


Vous pouvez voir une dynamique de déclin de la richesse dans l'histoire des industries florissantes. Dans la première partie du 20ème siècle, Henry Ford et un petit nombre d'autres entrepreneurs ont très bien réussi dans l'industrie automobile. Leurs compagnies de voiture avec leurs énormes productions permettaient de réaliser des économies d’échelle et d’accroître sensiblement la rentabilité. Mais les entrepreneurs qui réussissaient étaient des valeurs aberrantes. Beaucoup plus de personnes, y compris de nombreux rentiers qui ont consacré la richesse de leur famille à l'industrie automobile, ont fait faillite dans la période allant de 1910 à 1940, quand le nombre de producteurs américains d’automobile américaine a diminué de 224 à 21. Ainsi au lieu d'un transfert de richesses vers les rentiers et d’autres investisseurs passifs, vous obtenez le contraire. J’ai vu le même phénomène à l'œuvre dans la technologie et dans d’autres domaines.


Piketty a raison d’affirmer l’existence de forces qui peuvent conduire à la richesse boule de neige (y compris le fait que les enfants des personnes riches ont souvent accès à des réseaux qui peuvent les aider à trouver des stages, des emplois…). Cependant, il y a également des forces qui contribuent au déclin de la richesse et Le capital au 21ème siècle ne les prend pas suffisamment en considération.


Je suis également déçu que Piketty concentre majoritairement son analyse sur les données relatives à la richesse et au revenu et qu’il néglige dans le même temps la consommation. Les informations liées à la consommation offrent une bonne représentation des biens et des services que les gens achètent, y compris la nourriture, les vêtements, le logement, l'éducation, et la santé, et peuvent apporter de nombreuses précisions par rapport à notre compréhension de la manière de vivre des gens. Les revenus ne suffisent pas à comprendre ce qui doit être amélioré, en particulier dans les sociétés riches.


Henry Ford
Henry Ford

Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles les données sur le revenu, en particulier, peuvent être trompeuses. Par exemple, un étudiant en médecine sans revenu et ayant de nombreux prêts étudiants à rembourser pourrait être considéré dans les statistiques officielles comme étant dans une situation désastreuse alors qu’il pourrait bien disposer d’un revenu très élevé à l'avenir. Pour prendre un exemple plus extrême: certaines personnes très riches qui ne travaillent pas activement pourraient se retrouver sous le seuil de la pauvreté lors des années où ils ne vendent pas d’actions et où ils ne perçoivent pas d'autres formes de revenu.


Il ne s’agit pas d’ignorer les données de richesse et de revenus. Mais les données issues des habitudes de consommation apparaissent être encore plus importantes pour comprendre le bien-être humain. Au minimum, il montre une autre image, généralement plus rose, de celle que peint Piketty. Idéalement, j’aimerais que des études combinant des données sur la richesse, le revenu et la consommation se réalisent.


Même si nous n’en avons pas une image parfaite aujourd'hui, nous en savons certainement suffisamment pour déterminer les mesures prioritaires à prendre.


La solution préconisée par Piketty est un impôt progressif annuel sur le capital plutôt que sur le revenu. Il affirme que cet impôt « permettra d'éviter une spirale inégalitaire sans fin tout en préservant la concurrence ».

Je reconnais que  la fiscalité sur le travail devrait être allégée. Il n’est pas normal que le travail soit si lourdement imposé aux États-Unis par rapport au capital. Cela serait encore moins compréhensible dans les années futures dans un contexte où les robots et les autres formes d’automatisation effectueront de plus en plus de tâches réalisées actuellement par des humains.


Mais plutôt que de passer à un impôt progressif sur le capital, comme le voudrait Piketty, je pense qu’il serait préférable d’opter pour un impôt progressif sur la consommation. Pensez aux trois personnes riches que j’ai décrites précédemment: la première investissant dans des entreprises, la deuxième dans la philanthropie, et la troisième dans un mode de vie somptueux. Il n'y a rien de mal avec la troisième, mais je pense qu’elle devrait payer plus d'impôts que les autres. Comme l'a souligné Piketty, lors de notre discussion, il est difficile de mesurer la consommation (par exemple, les dons politiques doivent-ils être pris en compte ?). Mais alors, presque tous les systèmes d’imposition, y compris l'impôt sur la fortune, rencontrent des difficultés similaires.

Comme Piketty, je suis également convaincu de la pertinence de l'impôt sur les successions. Laisser,  simplement sur la base de la loterie de leur naissance, des héritiers consommer ou investir des capitaux de manière disproportionnée ou irréfléchie n’est pas une façon intelligente ou équitable de répartir les ressources. Comme Warren Buffett aime à le dire, cela revient à « choisir l'équipe olympique 2020 en sélectionnant les fils aînés des gagnants de la médaille d'or aux Jeux olympiques de 2000 ». Je crois que nous devons maintenir l'impôt sur les successions et en investir le produit dans les secteurs de l'éducation et de la recherche, ce qui constitue la meilleure façon de renforcer notre pays pour l'avenir.


La philanthropie peut également correspondre à une partie importante de la solution. Il est dommage que Piketty lui consacre si peu d'intérêt. Il y a environ 125 ans, Andrew Carnegie était bien seul lorsqu’il encourageait ses pairs à redistribuer une part de leur fortune. Aujourd'hui, un nombre croissant de personnes richissimes s’engagent dans cette voie. Une philanthropie bien effectuée ne produit pas seulement des avantages directs pour la société, elle permet également de réduire la richesse dynastique. Melinda et moi croyons fermement que cette richesse dynastique est néfaste pour la société mais également pour les enfants qui en bénéficient. Nous voulons que nos enfants construisent leur propre chemin dans le monde. Ils bénéficient de nombreux avantages, mais ce sera à eux de créer leur vie et leur carrière.


Le débat sur la richesse et les inégalités a généré beaucoup de chaleurs partisanes. Je n’ai pas de solution magique pour cela. Mais je sais que, malgré ses défauts, le travail de Piketty apporte au moins autant de lumière que de chaleur. Et maintenant, je suis impatient de découvrir les nouvelles recherches qui apporteront encore plus de lumière à ce sujet important.

Bill Gates

Écrire commentaire

Commentaires : 6
  • #1

    Guadet (lundi, 15 décembre 2014 11:21)

    "investir dans les œuvres caritatives" est une idée très américaine de justification de la richesse.

    C'est une idée typique de la religion de l'argent, une idée malheureusement reprise par la droite et les libéraux en France.
    Cela est en contradiction avec le message chrétien. Le pape François, à la suite d'autres, y répond très bien. Le don le plus chrétien est l'impôt, contrairement à ce que disent des libéraux soi-disant chrétiens, car il répond à l'exigence évangélique : "quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite."
    L'attitude de Bill Gates faisant la charité devant des caméras m'a écœuré. Une telle conception du don n'est qu'une manière d'asservir l'autre pour servir ses propres intérêts, ne serait-ce qu'au niveau de l'image de soi. Le résultat est négatif pour la personne prétendument aidée.
    L'image positive que ce monsieur travaille à donner de lui-même et de sa richesse me le rend plutôt antipathique.

  • #2

    Antoine Lamnège (lundi, 15 décembre 2014 17:19)

    @guadet : exactement ! à lire également, l'excellent papier dans le monde diplo de ce mois-ci, et le lien entre désengagement de l'état et montée du caritatif en tout genre...

  • #3

    Guadet (lundi, 15 décembre 2014 21:40)

    C'est un problème très grave.
    J'ai été bénévole au Secours Catholique et à ATD Quart monde où l'on m'a bien expliqué qu'il ne s'agissait pas de remplacer l'État ni même de l'épauler mais au contraire de le mettre devant ses responsabilités. C'est pourquoi le premier dépense beaucoup d'énergie à établir un rapport annuel sur la pauvreté et le second a une forte tendance militante. On reproche souvent aux associations caritatives de tous les bords de ne faire que rendre acceptable les injustices et c'est pourquoi la plupart sont en parfaite harmonie sur ce point. Si l'abbé Pierre a pu critiquer l'assistanat, c'était dans l'idée de lui préférer la justice sociale.

  • #4

    soldani ange (mercredi, 17 décembre 2014 08:46)

    Nombre de riches ne diront pas de mal de Piketty 'l'économiste" tant que leurs intérêts n'en seront point menacés. La classe possédante a de plus en plus d'argent et la pauvreté n'a de cesse de grimper, faut pas rêver, l'une se fait au détriment de l'autre, impossible autrement. Contrairement à ce que l'on voudrait faire croire : tout le monde voudrait être riche...?! Faux car ne plus calculer les fins de mois revient "simplement" à ne plus avoir froid l'hiver sans pour autant occuper un château, ne plus avoir faim sans pour autant manger du caviar, être en bonne santé alors que l'obésité est une maladie de la pauvreté, pouvoir se cultiver sans pour autant devenir agrégé de philosophie et voir un bonheur suffisant à vivre...
    Pour le reprendre : « Je reconnais que la fiscalité sur le travail devrait être allégée. Il n’est pas normal que le travail soit si lourdement imposé aux États-Unis par rapport au capital. Cela serait encore moins compréhensible dans les années futures dans un contexte où les robots et les autres formes d’automatisation effectueront de plus en plus de tâches réalisées actuellement par des humains. »
    Evidemment puisque des hurluberlus réfléchissent de manière très concrète sur un revenu inconditionnel de base, ce qui reviendrait à dire que l’on payerait des gens à ne rien faire alors que l’argent, en réalité, ne stagne jamais ou si peu…. Faut bien dépenser de l’argent afin de vivre….
    Ensuite :………… la troisième dans un mode de vie somptueux……….. Rien ni personne n’interdit de vivre sur un bateau luxueux dans la mesure où le reste doit vivre sur des radeaux….
    L’argent organise volontairement ou pas le plus grand gâchis de compétences n’ayant rien à voir avec une « aristocratie » de la pensée ou de la compétence…. !!
    Pourquoi critiquer la richesse par le biais d’une jalousie qui n’est certainement pas la meilleure façon de critiquer ce qui appartient parfois à la chance, le hasard…. Et le travail là-dedans… ?!
    Il n’y a qu’une manière de produire de la richesse (la valeur étant autre chose…) : Le travail… !! On pourrait toujours couvrir un champ de billet de banque, si l’on ne travaille pas la terre, rien ne poussera… !! Donc, si les machines ( qui n’existent que par du travail pour les avoir conçues… encore…) travaillent à la place des gens, qu’elles servent à réguler le bonheur selon les besoins toujours en relation avec le vivre ensemble, le bien commun, la chose publique…
    Un patron qui travaille produit de la richesse, un ouvrier tout autant… !! Revenons sur le fallacieux concept de la propriété lucrative… !! Si cette « propriété-là » rend malheureux, c’est qu’elle est donc néfaste ou incomplète…..

  • #5

    soldani ange (mercredi, 17 décembre 2014 09:00)

    Non, ce n'est pas le travail qui coûte cher, c'est ce que prélèvent la propriété lucrative sur lui et l'inouïe boulimie d'argent...!! Loin d'être marxiste et inutile de l'être afin de reconnaître et dénoncer des injustices, le travail n'est pas si cher que cela puisqu'il rapporte (pourquoi demeurer patron alors...?) ou alors l'esclavage pourrait être envisagé...?!! Encore que les grecs et les romains se plaignaient déjà qu'ils leur coûtaient des fortunes en bouffe et locaux....!! Le beurre, le magasin, le crémier et le cul de la crémière.... c'est connu depuis bien avant Jésus...!!

  • #6

    Guadet (mercredi, 17 décembre 2014 10:36)

    Le problème aujourd'hui, c'est que travail et argent se sont dissociés. Chômage et travail bénévole se développent en même temps. L'un accomplit une tâche très utile sans être payé tandis que l'autre gagne des fortunes sur de simples spéculations. Dans ma vie j'ai fait des choses utiles, tantôt peu, tantôt pas payées et des choses peu ou pas utiles bien payées. Les politiques continuent à avoir un discours moralisateur sur le travail alors même que le monde de l'emploi ne connaît plus la morale.
    Ce n'est pas le travail qui est difficile à trouver aujourd'hui, c'est un travail rémunéré suffisamment pour pouvoir manger. Cela va encore au-delà du fait que le niveau de rémunération n'a rien à voir ni avec l'utilité, ni avec la pénibilité. Il s'agit sans doute du plus gros défaut du système économique actuel mais on n'en parle jamais.