mer.

04

févr.

2015

Henri Guaino et son "ami" Thomas Legrand

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Lundi 2 février 2015, sur les ondes d'Inter, s'est produit un étrange événement. Quelque chose d'assez rare, de suffisamment cocasse pour faire l'objet d'un post...

Alors ?

"Une bonne interview de Léa Salamé" entends-je ?

Non, non... quand même pas. "Un journal de gauche" dis-tu, toi ? Malheureux...


Eh bien voilà : Henri Guaino, venu nous expliquer la non-position de l'UMP, rapport au second tour FN-PS dans la circonscription du Doubs, a soudain confessé, très tranquillement être l'"ami" de Thomas Legrand, éditorialiste bien connu des auditeurs de la matinale de Patrick Cohen. "Et celui-ci a-t-il bronché, me direz-vous ? Tiqué, au moins ?"

Nenni.


Alors comme ça Guaino et Legrand sont amis ? Sans doute. Et s'ils ne l'étaient pas ? En réalité, tout bon suiveur de la politique française sait pertinemment que les journalistes et les politiques se côtoient en permanence, et que naturellement des affinités se créent : c'est bien normal. Ce qui l'est moins, c'est que cette proximité s'affiche publiquement. Au risque de renforcer la suspicion déjà  généralisée de complaisance entre gens de pouvoir et jouissant d'une tribune publique.

A moins que la transparence ne permette au contraire d'assumer : "Oui, nous nous connaissons, mais je fais mon travail avec éthique et professionnalisme !"


Façon Ruth Elkrief.

Admirez.


En tant qu'auditeur, désireux de ne pas suspecter en permanence chaque interviewer de connaître intimement son invité, au point de le ménager, j'opterais pour la sagesse "Elkrievienne", en tirant les choses au clair : "ici, nous ne sommes pas dans la rue..."


Je pense donc que Thomas Legrand aurait du réagir, et ne pas se laisser affubler du dérangeant qualificatif d'"ami" par Henri Guaino.


Voilà dans la théorie. Dans la pratique, Ruth Elkrief sait parfaitement comment être forte avec le faible, et souple avec le puissant. Comme quoi, "ami" ou pas...  refuser la transparence reste une condition nécessaire, non suffisante... au journalisme de qualité.



Antoine Lamnège

Et sinon :

La démocratie a besoin de débat public, pas d'information (Christopher Lasch)
La démocratie a besoin de débat public, pas d'information (Christopher Lasch)
Charlie Hebdo : indignation, émotion... récupération ! je suis charlie
Charlie Hebdo : indignation, émotion... récupération !

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Commentaires : 3
  • #1

    twim (jeudi, 05 février 2015 15:12)

    Guaino est une véritable girouette, un gaulliste républicain de facade qui a soutenu Sarkozy ; sa passion pour le pouvoir est disproportionnée par rapport à son éthique.
    Tout journaliste devrait commencer son interview de Guaino et lui demandant pourquoi, tout ce dont il parle, la droite ne l'a pas fait, ne l'a même envisagé lorsqu'elle était aux affaires.

  • #2

    joshard (vendredi, 06 février 2015 16:50)

    Cette Ruth me sort par les yeux. C'est tout ce que je voulais dire... Ahhhhhhhhhhhhhhh je me sens mieux

  • #3

    Horror (dimanche, 08 février 2015 19:17)

    C'est vrai qu'un bon journaliste ne peut être que de Gauche afin d'assurer la Propagande (et ses avantages fiscaux)!