mar.

17

févr.

2015

L’Union Européenne veut faire du « naufrage grec » un exemple (Paul Krugman) 

D’accord, cela peut apparaître incroyable et pas dans le bon sens. Les discussions du gouvernement grec avec les ministres des Finances des pays de l’UE ont abouti à un projet de déclaration, que les Grecs ont décrit comme « absurde». Ce texte est loin d’être remarquable. A mon avis , voici la phrase clé : Les autorités grecques s’engagent à dégager un excédent budgétaire primaire approprié afin de garantir la viabilité de leur dette en conformité avec les objectifs fixés dans la déclaration de l'Eurogroupe de novembre 2012. En outre, toute nouvelle mesure devra s’accompagner de nouvelles recettes afin de ne pas compromettre la stabilité financière du pays.

Traduction : Se borner à l’objectif de ​​l'excédent primaire de 4,5 pour cent du PIB.

Il était absolument impossible que Tsipras et les siens puissent signer une telle déclaration, qui nous oblige à nous demander si les ministres de l'Eurogroupe savent ce qu'ils font.


J’en viens à me demander s’ils ne sont que des imbéciles – et s'ils ne comprennent pas que la Grèce 2015 n’est pas l'Irlande 2010, et que ce genre d'intimidation ne fonctionnera pas.


En réalité, il semble plus probable qu’ils aient décidé de pousser la Grèce vers la sortie. Plutôt que de céder du terrain, ils préfèrent contraindre la Grèce au défaut de paiement et probablement à la sortie de l'euro, et de faire du présumé « naufrage grec » un exemple pour tout pays demandant un répit. Ils cherchent ainsi à imposer l'équivalent économique de la « paix carthaginoise » que la France avait voulu infliger à l'Allemagne après la Première Guerre mondiale.

Quoi qu'il en soit, ce manque de sagesse est étonnant et consternant.

 

Paul Krugman



NB: Retrouvez ce texte dans sa version originale sur ce lien