jeu.

21

mai

2015

Le MEDEF valide la réforme du collège

Quand Laurence Parisot me parle de modernité, je tique franchement. Un peu comme quand Paul Bismuth me parle de vérité, de transparence, et de toutes ces sornettes...

Hier, sur BMF Business, la ministre de l'éducation, Najat Vallaud-Belkacem trouvait en l'ancienne présidente du MEDEF, Laurence Parisot, un ardent (et rare) soutien... Car, si les intellectuels républicains s'affligent d'une telle réforme, le grand patronat, lui, semble y trouver son compte... Autonomie, souplesse, fluidité, internationalisation...

Une divine surprise, en somme.

 

Une réforme aux principes "intéressants, novateurs, modernes"....


Eh oui, il faut savoir vivre avec son temps... Apprendre l'utile et le "moderne", plutôt que le temps long qui nous inclue entre un passé et un avenir national, et finalement humain. Faire comme aux Etats-Unis par exemple, où la transdisciplinarité produit, c'est bien connu, un système éducatif d'une justice implacable.

Les fameuses High schools, ouvertes à tous...n'est-ce pas ?


S'adapter, innover...

Surtout, dès le CP, apprendre l'anglais, quitte à rogner encore sur le temps d'apprentissage du français. (langue a priori désuète, puisque inutile pour commercer... Diable ! Comment faisait-on auparavant pour exporter ? Que dis-je, pour VIVRE !? )



Génial ?!


Pathétique. L'élite scolaire en France, ceux qui ont étudié, les chercheurs, les professeurs, les hauts fonctionnaires, les ministres et nombre de grands dirigeants d'entreprises ne parlent pas bien l'anglais. Et donc ?

Eh bien rien.


S'ils en ont besoin, ils l'apprennent en voyageant ou lors de leurs études supérieures, ils baragouinent... Cela n'empêche en rien la France d'être un pays riche, formé, compétitif, et inventif. Cela n'empêche en rien l'émergence de génies, de poètes, d'ingénieurs de pointe, d'infirmiers dévoués, de salariés qualifiés...


Ou d'économistes de renom, à l'accent lamentable...


Et alors ? Est-ce important ?


L'immense majorité des citoyens, elle, connait quelques rudiments d'anglais. C'est utile, c'est vrai. Mais allons... Le rôle de l'école est-il vraiment de former des citoyens bilingue globish dès le CP ?


Une sacré perte de temps, oui.


Car, en vérité, la majorité des élèves n'a pas "besoin" en priorité de l'anglais mais d'une maîtrise acceptable du FRANCAIS qui permet de comprendre son environnement national, de débattre, d'échanger et de construire une réflexion personnelle riche sur le monde nous entoure.


"Ce n'est pas incompatible !" diront certains. Eh bien si ; car le temps scolaire n'est pas extensible à l'infini.


L'école républicaine a besoin d'Histoire, de Culture générale, d'aisance dans la langue française. Et à très forte dose pour les élèves qui n'ont nulle part d'autre où l'acquérir. Pour ceux là, il faut rajouter de l'école.

Des heures supplémentaires dédiées exclusivement à ce qui compte vraiment : ce qui, au delà des classes sociales, des valeurs, de la religion, ou que sais-je encore, fait que l'on peut se parler et se comprendre.


A l'école primaire, dans ma classe, certains élèves parlent déjà si mal la français qu'il sera compliqué pour eux d'appréhender le monde avec finesse dans une langue qui est pourtant la leur. On peut toujours ensuite leur proposer d'apprendre l'anglais, mais enfin, quand on sait à peine conjuguer en français...


Construire sur du sable n'a rien de bien "novateur".



A. Lamnège


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Commentaires : 2
  • #1

    Guadet (jeudi, 21 mai 2015 19:22)

    Les gens "modernes" comme Parisot considèrent sans doute déjà le Français comme un patois ringard, qui pourrait à la limite être sympathique s'il n'était discriminant pour les enfants d'immigrés. Plus vite on s'en débarrassera et mieux ce sera pour une parfaite égalité sous le merveilleux gouvernement mondial que nous préparent les financiers et les politiques libéraux-libertaires, de Mélenchon et EELV au PS et à l'UMP.

  • #2

    technical O (samedi, 23 mai 2015 15:27)

    la novlangue néollibérale frappe encore. Il FAUT AVANCER !
    le reste n'a pas d'importance. Très significatif