jeu.

11

juin

2015

Valéry Giscard d'Estaing : «  La France n'aime plus travailler »...

En lisant cet entretien dans Le Point donné par VGE à Franz-Olivier Giesbert en 2014, j'ai pensé : « Dieu, comment peut-on débiter autant de sornettes en si peu de lignes... »

Giscard, dénonçant la décadence, c'est un peu fort quand même...

Un peu comme le gars à la machine à café qui t'explique pendant vingt minutes que les collègues bossent pas, et que c'est lui qui fait tout, dans cette boite de merde...

Surtout que Valéry, le déclin, lui, il te le règle en deux-deux... Hop ! Hop ! Moins de taxes, toujours plus de travail, d'Europe, d'Allemagne comme modèle... voilà !


Extraits

[...] Comment expliquez-vous le désamour des Français pour l'Europe ?


Aux élections européennes, les Français vont se défouler (peuple stupide qui n'a rien compris au bonheur): contre le fonctionnement de l'Europe et sur des questions de politique intérieure. Mais les Français sont très attachés à l'Europe.(et au référendum aussi).

Quoi qu'on dise, les deux tiers des Français sont partisans de l'euro. Les souverainistes ont beau s'époumoner, les Français ne souhaitent pas moins d'Europe, mais une Europe plus forte, plus proche et plus efficace. (J'ai déjà entendu ça quelque part...)



C'est ambitieux...


Non, c'est la logique de l'Histoire. (Ah oui ? Ça existe ça ? Brejnev parlait aussi comme ça) La France s'est éloignée du projet européen car elle est dans un état d'esprit dépressif.(la France ou toi?)

Le Parlement français ne prend pas ses responsabilités : cela fait des années qu'il aurait dû voter des réductions de dépenses publiques, comme cela s'est fait dans les autres pays, souvent dans le consensus. Seulement voilà : en France,l'idée que la dépense publique crée la croissance reste une idée fausse que personne n'ose vraiment remettre en question.

Dès que la France acceptera la réalité du monde qui l'entoure, elle retrouvera sa place au coeur de l'Europe, première puissance économique mondiale. La France a des idées, du talent. Les Allemands sont pragmatiques, ils ont besoin de nos idées. (Les italiens, eux ont la pizza... chacun son truc) Notre vocation, c'est de porter le projet européen. Les Allemands attendent que les héritiers de Schuman et de Monnet se manifestent. Ils ont accepté d'abandonner le DeutscheMark parce que nous avons su concevoir un système qui les a séduits. (c'est une version particulièrement originale de la construction monétaire européenne)



Pensez-vous que la France soit en déclin ?


Le déclin et la décadence, ce n'est pas exactement la même chose. Le monde change, il faut compter avec d'autres, c'est tout. En revanche, le concept de décadence m'inquiète. Je viens de lire le livre écrit par un Britannique, Tom Holland, Rubicon. The Triumph and Tragedy of the Roman Republic (Rubicon. Le triomphe et la tragédie de la République de Rome), et j'y ai retrouvé des similitudes avec ce que nous vivons. La France travaille moins, elle n'aime plus travailler. (Eh oui, mon brave monsieur ! Des fainéants !) Tout ce qui faisait notre force, tel notre système éducatif, est en panne. Il ne permet plus la réussite au mérite, il est même de plus en plus inégalitaire. Les 35 heures ont cassé la valeur du travail.



On passe son temps à prendre des vacances, les unes après les autres. Prenez le cas du 8 Mai. De Gaulle n'a pas décrété le 8 Mai comme un jour férié.

Moi non plus. Le 8 mai 1945, j'étais pourtant sur un char. (Certes, mais quel est le rapport?) Et aujourd'hui, ce jour n'est pas seulement férié, mais suivi d'un pont ! (Bouh !Mais quelle horreur!)

J'observe de nombreux signaux de décadence. Écoutez certains médias, par exemple. Ils ne parlent que de vacances, de la route des vacances, de la météo du week-end. Après cela, le soir, à la radio, il n'est plus question que de matchs de football. Les Français n'ont pas tous un ballon au bout des pieds ! Il n'y a plus d'émissions littéraires, encore brillantes il y a quelques années : elles risqueraient de fatiguer nos neurones ! Autant de symptômes d'affaiblissement. Et la France est, de tous les grands pays industrialisés, libéraux ou socialistes, celui qui a l'âge de la retraite le plus bas, même pour des tâches qui ne sont pas particulièrement pénibles. ( ministre ? )


La France est donc perdue ?


Non, car sa jeunesse la sauvera ! (Alléluia!!) Ce culte des vacances perpétuelles, c'est l’œuvre d'une génération qui va s'en aller et disparaître. La jeunesse est différente : elle découvre le monde. Elle veut travailler. (tu viens de dire l'inverse...non ?)

Les jeunes voyagent, ils comparent avec ailleurs : ils n'acceptent plus la médiocrité, la politique des bras croisés. En 2030, l'euro sera la première monnaie mondiale, (pari risqué) notre dette la plus recherchée. Les nouvelles générations seront branchées sur les technologies.


La France aura évidemment sa carte à jouer. Ce ne sera plus la France toute seule, mais dans l'Europe, avec le meilleur emplacement au coeur du continent. Sa géographie est idéale. Son patrimoine, avec celui de l'Italie, le plus riche du monde. Sans parler de son époustouflant passé industriel, lorsque les Français perçaient de grands canaux, construisaient des chemins de fer et des ponts sur toute la planète ! (dans les colonies?!!) Aujourd'hui, il nous reste encore, heureusement, l'Airbus franco-allemand et la fusée Ariane. (Oui, je crois que c'est tout...)

Mais l'industrie est en déclin...


Ce qui m'inquiète, ce ne sont pas nos grands groupes internationaux. Ils restent à la conquête du monde, ouverts à tous les continents. (C'est juste, ils pratiquent l'évasion fiscale à grande échelle et offrent 15% de retour à leurs actionnaires... pas d'inquiétude donc.) La disparition des petites et moyennes entreprises est, en revanche, très préoccupante. Ce n'est pas un phénomène naturel : taxer les transmissions d'entreprise à des taux prohibitifs est suicidaire (et bim !) ! On ne peut pas construire de grands groupes internationaux en une génération. Il faut regarder ce que font les Allemands, les Autrichiens et les Néerlandais : ils savent que ces entreprises de 200 ou 300 personnes peuvent donner naissance à des empires si on leur permet de prospérer. [...]



C'est beau comme du Nicolas Doze...



Antoine Lamnège


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Commentaires : 3
  • #1

    Guadet (lundi, 15 juin 2015 01:46)

    Et les chômeurs et les précaires, ils pensent toujours aux vacances aussi ?
    Ils aimeraient bien travailler, ils le réclament, ils sont de plus en plus nombreux mais on a décidé qu'ils n'existaient plus… Commode !

  • #2

    hubert (lundi, 15 juin 2015 12:15)

    l'ancien président qui traite son peuple de fainéants ! ça en dit long sur l'estime qu'il a pour son propre pays...

  • #3

    AF30 (lundi, 15 juin 2015 15:39)

    Ce qu'il y a d'insupportable c'est qu'il est en plus le plus mal placé pour donner des leçons quand on voit ce que ce malfaisant ( loi Pompidou-Giscard/loi Rothschild ou traité européen ) coûte aux finances publiques (http://www.telestar.fr/2015/photos/quel-est-l-ancien-president-de-la-republique-qui-coute-le-plus-cher-aux-francais-diaporama-73669)
    l'autre inutile aurait dû lui demander ce qu'il pense de la présence de la quinzaine de gendarmes chargés de garder son château.
    Des fois vraiment on n'en peut plus !