jeu.

10

sept.

2015

[Enseignement de l'ignorance] Les nouveaux programmes “d’enseignement moral et civique” (O.Berruyer)

Ministère de l’éducation nationale, Bulletin officiel du 25 juin 2015 :

L’EMC doit transmettre un socle de valeurs communes : la dignité, la liberté, l’égalité, la solidarité, la laïcité, l’esprit de justice, le respect de la personne, l’égalité entre les femmes et les hommes, la tolérance et l’absence de toute forme de discrimination. Il doit développer le sens moral et l’esprit critique et permettre à l’élève d’apprendre à adopter un comportement réfléchi. Il prépare à l’exercice de la citoyenneté et sensibilise à la responsabilité individuelle et collective.“


Vous trouverez ici en ligne le manuel des éditions Nathan (mais bon, j’imagine que c’est pareil pour tous les manuels. On peut les contacter ici d’ailleurs).

Quand on s’intéresse à la propagande, ça vaut sacrément le coup d’oeil…

Être ou ne pas être Charlie

C'est bien connu... Réagir à chaud à un événement est souvent gage de qualité. On imagine bien que dans une classe, il n'y a pas réellement débat sur un tel sujet, le but étant de mener les élèves à dire que s'opposent le Bien et le Mal. Pas franchement formateur de l'esprit critique.



Apprendre à tolérer, à apprécier ? la surveillance...


A peine croyable la façon dont sont formulées les questions du Bilan ! A quoi sert encore Vigipirate ? Vigipirate, quels résultats ? eurent été de meilleures questions.



Comprendre les exigences du patronat


Les auteurs font sans doute référence aux sempiternelles "prises en otage" des usagers...



Réciter son Joffrin dès l'âge de 6 ans...


Et comme le note justement O. Berruyer, on aurait surement plutôt pu s'interroger sur les causes de l'abstentionnisme...

Aimer son armée, qui "intervient" forcément au nom du bien...


Le genre de carte qui n'a aucun intérêt. Pure propagande qui donne l'image d'une influence légitime. Qui par ailleurs, cautionne ( sans s'en rendre compte ) la mainmise sécuritaire de la France sur la moitié de l'Afrique.

Et qui fait suite à deux documents sacrément bien choisis pour faire pleurer dans les chaumières. Quid de l’Afghanistan, de la Libye, des pays du golfe de Guinée... On chante moins fort, non ?



Article original sur les-crises.fr (le Blog d'Olivier Berruyer)

Légèrement recommenté ici par Antoine Lamnège




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Commentaires : 3
  • #1

    Guadet (samedi, 12 septembre 2015)

    À part la curieuse obsession "Je ne suis pas Charlie" d'Olivier Berruyer, il n'y a pas de quoi fouetter un chat. On n'a jamais enseigné en France les défaillances du système politique et médiatique. Il n'est pas forcément mauvais de parler de démocratie et de liberté de la presse, même si ça n'existe plus.
    Il y a beaucoup plus grave dans les manuels d'histoire ou de svt.

    Je préfère le blog de M. Berruyer quand il relaie la pensée de Michéa par exemple.

  • #2

    Antoine Lamnège (samedi, 12 septembre 2015 13:29)

    Oui, je suis d'accord avec vous sur le "je ne suis pas Charlie". C'est excessif ce qu'il dit, quoiqu'il faille être prudent sur les lois de surveillance... d'où cette étrange formulation des questions du bilan sur vigipirate.
    Les documents sur la grève et l'armée sont choquants parce qu'ils ouvrent de fausses discussions.
    Au lieu de débattre de la légitimité d'"intervenir" hors de nos frontières, on suppose la légitimité naturelle de notre armée, en en détaillant quelques cas non représentatifs.
    C'est de la propagande, et non de l'enseignement civique. Il faut savoir ce que l'on veut.

  • #3

    Guadet (dimanche, 13 septembre 2015 15:49)

    @ Antoine Lamnège
    L'école a toujours mêlé propagande et enseignement civique. Ce serait très nouveau et très révolutionnaire que l'instruction civique et morale ne soutienne pas le système en place et sa politique. Il faut bien d'ailleurs que système et politique soient d'abord présentés avant de pouvoir être critiqués (il n'est pas inutile que les jeunes comprennent par ce manuel que Le Monde et Libé sont des journaux officiels, que le droit de grève est une survivance dont les jours sont comptés et que la France se déploie toujours militairement dans ses anciennes colonies subsahariennes). La véritable liberté critique se conquiert ; elle ne peut pas se trouver toute faite dans un livre.
    L'autosatisfaction de nos gouvernants et de la classe dirigeante est normale, et elle serait moins choquante si elle ne s'accompagnait pas de la condamnation de tout ce qu'ont fait dans le passé nos ancêtres et aujourd'hui les pays non soumis au clan occidental libéral. On arrive d'ailleurs à des absurdités du genre : "Toute intervention française en Afrique d'il y a plus de cinquante ans est mauvaise mais toutes celles d'il y a moins de vingt ans sont bonnes."
    Mais vous ne pouvez pas demander à un manuel scolaire de parler de politique néo coloniale ni même de suggérer un débat là-dessus ; de même pour la destruction des libertés par les lois de surveillance. C'est par l'histoire, le français, la philosophie et la vieille culture générale aujourd'hui si décriée que le jeune peut acquérir la liberté d'esprit indispensable à son rôle citoyen. C'est toujours ce qu'on a dit avant que se referme la chape de plomb de l'idéologie néolibérale, et ça n'est pas moins vrai aujourd'hui.
    C'est pourquoi j'estime que l'article de M. Berruyer n'est pas pertinent ni constructif, même s'il n'est pas faux.