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nov.

2015

Pascal Praud, l'info à la limite du hors-jeu

Ce qu'il y a de merveilleux dans le métier d'éditorialiste, c'est que dire n'importe quoi, eh bien n'importe qui peut le faire !

Tenez, Pascal Praud, par exemple. Depuis 30 ans qu'il commente des matchs et anime des émissions footballistiques, il a visiblement beaucoup réfléchi au monde qui l'entoure.

Pour cela, sans doute, et pour connaître son avis éclairé et original sur la politique, l'économie, le terrorisme - enfin à peu près tout -, Yves Calvi l'a recruté dans sa matinale sur RTL, pour une chronique d'une minute d' « info » très, très TRES droitière...

Connaissant le légendaire sens du pluralisme d'Yves Calvi, on imagine sans mal que Pascal Praud est censé faire contrepoids aux idées gauchistes d'Eric Zemmour, dont la chronique est diffusée quelques minutes plus tard...

A propos des attentats du 13 novembre, voici l'"analyse" de Pascal.


 

Toujours surprenants ces grands démocrates indignés qui en appellent à Saint Louis, comme référence ultime de la France. Comme si connaître sa biographie sur le bout des doigts empêchait d'être un terroriste, ou même un gros con. 

Comme si les croisades, la persécution des juifs et autres violences de l'époque, en faisait un modèle génial, capable à lui seul de prévenir la barbarie.

Succin comme analyse, pour "un Praud de l'info".

Et puis cette "idéologie des restos du cœur"...  Quel vibrant plaidoyer pour l’Égalité et la Fraternité, deux des trois valeurs de notre République.

 

Une minute, normalement, c'est très court.

Mais franchement là...

 

Antoine Lamnège

 

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Commentaires : 7
  • #1

    CVT (mardi, 24 novembre 2015 00:05)

    désolé, mais pour le coup, vous avez faux sur toute la ligne!
    La France, qu'elle fut un royaume ou une république, n'a JAMAIS obligé des juifs à se convertir!
    C'est l'apanage de l'Espagne du XVè siècle, qui suite à la Reconquesta, a forcé les Juifs marane à choisir entre l'exil au Maghreb, et la conversion au christianisme. L'inquisition est un phénomène profondément espagnol, alors qu'à l'inverse, les Rois de France s'entendaient déjà assez mal avec Rome pour faire triompher le temporel sur le spirituel...
    Oui, les Français (dont St-Louis) n'ont pas fait que de mauvaises choses, au contraire: la lutte pour la séparation des sphères publiques et religieuses est au moins aussi ancienne que les Capétiens...

  • #2

    Antoine Lamnège (mardi, 24 novembre 2015 16:50)

    @CVT merci pour la rectification. Effectivement, on ne parle pas de conversions sous le règne de Saint Louis.
    Je remplace donc conversions forcées par "persécution des juifs". (Le Goff)
    Cordialement.

  • #3

    Guadet (jeudi, 26 novembre 2015 15:34)

    @ Antoine Lamnège
    Je suis parfaitement en désaccord avec vous. Comment vouloir une intégration des enfants d'immigrés avec une école qui enseigne comme vous à haïr notre passé et les grands personnages de notre histoire ? J'ai étudié les croisades en fac d'histoire et je ne vois pas en quoi nous devrions en avoir honte. Et si Saint-Louis n'était pas parfait, c'est de l'obscurantisme de refuser de voir ce qu'il a fait de bien. Vous êtes l'une des nombreuses victimes des programmes scolaires actuels qui déforment l'histoire plus qu'on l'a jamais fait auparavant, pour détruire tout patriotisme et faire la promotion de la mondialisation libérale.
    Contrairement à vous, je pense que lutter contre l'ignorance et contre la mondialisation néolibérale est notre seul chemin de salut aujourd'hui.

  • #4

    Antoine Lamnège (vendredi, 27 novembre 2015 12:29)

    @guadet
    Je me suis sans doute mal exprimé.
    Je milite évidemment pour l'enseignement de l'Histoire dans toute sa complexité ; j'ai défendu de nombreuses fois sur ce blog l'enseignement du fait religieux à l'école, et dénoncé l'oubli de l'Histoire en politique, sur lequel prospère le néolibéralisme notamment.
    Je suis pour que le siècle de Saint Louis demeure au programme car rien n'est à priori à en exclure.

    Simplement, Mr Praud, en se focalisant sur ce poncif comme quoi la chrétienté et Saint Louis ont été abandonnés de l'école et ont conduit au terrorisme (c'est à demi-mot le raccourci qu'il fait), ne défend pas une société dans laquelle l'Histoire servirait à penser le temps présent, ses égarements, ses choix idéologiques et économiques, mais bien plutôt l'idée que la chrétienté nous manque, face à l'Islam.

    Nous pouvons en débattre. Je ne pense pas, pour ma part, que l'Islam radical prospère sur le fait que certains élèves ne sachent pas que "Saint Louis rendait justice sous un chêne" - quoique je l'enseigne ainsi personnellement dans ma classe, par exemple (CM1). Mais, avant d'enseigner Saint Louis, j'ai d'abord pris soin d'expliquer, trois mois durant, qui étaient Jésus, Moïse, Abraham, Caïn et Abel, Adam et Eve... (ça peut servir)

    Cette idée d'un délitement moral de notre société est, à mon sens, une manière de ne pas réfléchir au fait que les solutions à nos problèmes sont extrêmement complexes et diverses. Problèmes d'ailleurs qui ne sont pas propres à la France...

    Notre chantier actuel, me semble-t-il, c'est de parvenir à transmettre à l'individu les origines du collectif, lui expliquer d'où il vient, qu'il est à la fois héritier d'une civilisation, d'une nation, d'un collectif, (d'où l'importance de la langue, de l'Histoire, du fait religieux, de l'économie) et en même temps (du moins en théorie) décideur de ce qui adviendra.

    Quand au patriotisme, je pense - j'en suis certain - enseigner la fierté d'être français à mes élèves. Parce que justement je leur enseigne l'Histoire et sa grandeur. Les symboles de la patrie sont une fierté, je n'ai jamais estimé nécessaire de déformer un thème en vue de le conformer à une quelconque morale actuelle.

    Dès lors que le constat est posé. Plutôt que crier à une "deuxième mort de Saint Louis", on peut sans doute, penser plus globalement une refonte des programmes, plus de français, plus d'Histoire, un raccourcissement des vacances scolaires, l'aide scolaire aux parents en difficulté, le développement de filières scolaires courtes et techniques... L'augmentation des budgets du primaire, sans doute.

    Mais Monsieur Praud, voyez vous, estime sans doute que cela est inutile, que l'affaire est déjà entendue. Que ceux qui nuancent sont des faibles. Et que de toute façon, nous n'avons pas les moyens...

    Quant à l'idéologie "des restos du coeur", je ne sais pas ce que c'est. Qui la professe ? Qui devient fier d'aller mendier ses repas ? Ce sont des propos honteux.

    Cordialement.


  • #5

    Guadet (vendredi, 27 novembre 2015 16:05)

    @Antoine Lamnège
    Je connais bien les programmes scolaires et ce qu'en comprennent les élèves, et je continue à ne pas être d'accord avec vous. C'est une discussion trop complexe pour tenir en quelques messages, mais votre vision péjorative des croisades est déjà un élément qui donnerait raison à M. Praud.
    Déjà, la présentation des religions est très rustique, pour ne pas dire obscurantiste. Pourquoi par exemple présenter le Christianisme comme une "croyance" et accorder au Bouddhisme le statut de "philosophie" ? Sur ce qu'a pu apporter le christianisme à la pensée de l'humanité : néant ! Être chrétien ou croire au père Noël, on ne voit pas la différence ! Je parle moins comme un chrétien que comme un historien qui a fait des études d'anthropologie religieuse. Quelles richesses dans les diverses mythologies : toutes ont un fonds philosophique important qui pourrait permettre aux enfants de comprendre la marche vers la sagesse de l'ensemble de l'humanité.
    Je comprendrais qu'on n'enseigne pas le credo mais plutôt la philosophie chrétienne sans laquelle on ne peut pas comprendre la pensée occidentale. C'est l'inverse qu'on fait ! Et il est évident que cela est dû à l'influence de l'idéologie néolibérale. Il faut laisser les gens dans l'ignorance des différentes visions portées par les religions sur l'homme, la société ou l'état, et faire croire qu'il ne s'agit que de différences de croyances à des contes de bonnes femmes. Car il s'agit de faire advenir un totalitarisme mondial.
    L'idéologie "restos du cœur" est celle de la "culture pipole", des coups de pathos et de sentiment concoctés par les médias pour faire vendre et donner au téléspectateur l'impression d'être généreux. Je reconnais avec vous que c'est méchant pour les bénévoles qui font du bon travail pour l'association, mais il vaudrait mieux changer le système économique qu'accepter que des gens soient contraints à mendier leur repas.

  • #6

    Guadet (vendredi, 27 novembre 2015 16:12)

    @Antoine Lamnège
    PS : Je suis autrement choqué par l'affiche pour une expo du musée du Louvre laissant entendre qu'on peut mettre sur le même plan un personnage de Star wars et une divinité gréco-romaine. Pourquoi pas aussi Nietzsche et Jean-Claude Van Damme.
    Vous ne pouvez pas nier qu'il y a bien un problème.

  • #7

    carlosduvrait@yahoo.fr (mercredi, 13 avril 2016 23:52)

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